Cousu de fil rouge
Cousu de fil rouge, performance, Confection idéale, 2021.
Présentée dans la vitrine d’un ancien magasin de lingerie, à la frontière entre espace public et espace privé, cette performance interroge les violences verbales et symboliques subies par les femmes. En cousant sur sa propre peau les insultes, injonctions et remarques sexistes qui jalonnent leur quotidien, Renata Andrade donne une matérialité à des paroles souvent banalisées, mais profondément destructrices.
Dès le plus jeune âge, les femmes sont confrontées à des discours qui façonnent leur rapport à leur corps et à leur place dans la société. Qu’ils soient prononcés dans la rue, au travail ou dans l’intimité du foyer, ces mots s’impriment dans les mémoires et marquent les corps comme au fer rouge.
Installée derrière une vitrine, l’artiste devient un mannequin de chair et d’os. Ce dispositif met en évidence le lien entre l’objectification du corps féminin, fréquemment utilisé comme support de promotion et de consommation, et les violences qui en découlent. Le regard du passant, invité à observer ce corps exposé, participe malgré lui à cette réflexion sur les mécanismes de domination.
En réinvestissant la couture — pratique traditionnellement associée au travail féminin et au soin —, Renata Andrade transforme un geste ancestral en acte de résistance. L’aiguille ne sert plus à réparer ou à embellir, mais à rendre visibles les blessures invisibles laissées par les violences sexistes et à reprendre possession d’un corps trop souvent confisqué par le regard des autres.
