Biographie

Artiste visuelle et actrice, Renata Andrade développe, depuis 2002, un travail poétique et féminin à la frontière de plusieurs domaines. Sa forme d’expression, entre arts scéniques, construction d’objets et installations, apparaît comme un reflet de sa propre identité et de ses thèmes de prédilection, toujours à la limite entre le naturel et le construit, le féminin et le masculin, le dominé et le dominant, le traditionnel et le moderne.

Elle s’inspire de facteurs biologiques et sociaux et trouve un support d’expression dans l’appropriation des mythes, cette forme non consciente qui connecte tous les individus dans un ordre complexe.

Pour atteindre ses objectifs, l’artiste utilise son expérience d’artiste pour se glisser dans de nouveaux instants de vie. A partir de ces expériences, elle s’exprime à travers la sculpture, la gravure, la performance, la vidéo ou l’installation. « Si on exprime véritablement son propre « soi », tout le monde s’identifie, explique l’artiste. Et ces « autoportraits » deviennent une représentation d’un collectif. »

Le résultat de ces questionnements s’incarnent dans des thèmes comme le vieillissement, le cycle de la vie, la sexualité, le genre ou encore la domination. Plastiquement, cela prend forme à travers différentes matières et de multiples langages, le tout constituant un ensemble expressif, polémique et féministe.

L’artiste questionne à travers les mythes les problèmes sociaux de nos sociétés. Elle utilise, par exemple, la métaphore du mythe de Daphnée pour dénoncer l’impasse de la condition féminine. « Comment fuir de l’acte agressif d’Appolon sans en payer le prix en perdant son identité et en étant condamnée à être transformée en un végétal emprisonné pour le reste de sa vie au même endroit ? » Sans avoir de réponse, l’artiste propose en tant que solution potentielle la prise de conscience de la construction sociale, comme une lumière hypothétique permettant de résoudre ce problème.

Un de ses plus grands thèmes, et le plus connu, est celui des « femmes-arbres ». Un concept que l’artiste a retrouvé dans certains de ses dessins d’enfance. Aujourd’hui, elle revisite la signification et les sentiments intrinsèques à cette expression précoce et spontanée en produisant des œuvres mêlant à la fois raffinement artistique et forte signification mythique. Comme l’explique l’artiste : « Les femmes-arbres interrogent, entre autres choses, une des questions basiques de la femme et de l’être humain en général : la même racine qui nous alimente et nous nourrit, nous emprisonne. »

Le thème s’est dédoublé et a atteint d’autres rives à travers l’apparition du Nucléo Sève. Ce groupe est formé par divers artistes nomades. L’intention de ces artistes et de créer des moments de réflexion, d’échanges, d’apprentissages et de discussions, enfin, de production artistique. Le projet a débuté au Brésil et a déjà pris pied en Argentine et actuellement en France, pays où elle réside et développe ses travaux.